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The Secret of Monkey Island : Special Edition

The Secret of Monkey Island : Special Edition

Il y a des jeux qui ont su marquer des générations, voire modifier à jamais la manière dont les développeurs appréhendent un genre. The Secret of Monkey Island, sorti en 1990, a ainsi apporté sa pierre à l'édifice des point & click en proposant un univers où l'on se déplaçait librement pour résoudre les énigmes. LucasArts a souhaité faire revivre ce monument vidéoludique plein d'humour et n'a pas hésité pour cela à revisiter musiques et graphismes de façon à offrir aux joueurs The Secret of Monkey Island : Special Edition.

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Quand je serai grand, je serai pirate !


Guybrush Threepwood veut devenir pirate et il ose le clamer haut et fort, mais comme le dit si bien le guetteur myope que l'on rencontre au début du jeu, il a plutôt l'air du Petit Prince. C'est donc un sacré handicap lorsque l'on désire faire régner la terreur sur les mers, mais le jeune homme ne compte par pour autant renoncer à ses projets. Pour commencer son apprentissage de futur corsaire, il se rend d'abord à la taverne locale, pleine de barbus bavards et bourrés. Sans peur et sans reproche, il tente alors d'ouvrir le dialogue. C'est l'occasion pour le joueur de s'exercer au choix de la bonne réponse parmi plusieurs, de manière à éviter le ridicule. Même s'il ne tue pas, avouons que se retrouver face à un pirate qui se fiche ouvertement de votre petit nom, c'est quand même un peu énervant. Mais la fin justifiant les moyens, Guybrush sait rester poli et aimable en toute occasion. Par contre, le joueur sera peut-être tenté de répondre "je veux être pompier" à un flibustier un peu trop orgueilleux qui lui demande ce qu'il fiche là. Communiquer ne suffisant pas à devenir un pirate sanguinaire, il faudra néanmoins que le garçon fasse ses preuves dans l'escrime, le vol et bien évidemment, la chasse au trésor. Il devra donc remplir trois missions : voler l'Idole aux Mains Nombreuses, détenue par le gouverneur ; affronter en combat à l'épée la Reine du Sabre ; et bien sûr dénicher le trésor... Au cours de son aventure, il rencontre Elaine et comme Cupidon passe à ce moment-là au-dessus de l'ile de Mêlée, les deux jeunes gens tombent amoureux. C'est sans compter le pirate LeChuck, éperdu de jalousie, qui enlève Elaine et l'amène sur la terrible Ile aux Singes. Il ne reste donc plus à Guybrush qu'à aller sauver la belle tout en améliorant ses compétences de corsaire habile et déluré.

Si les quelques missions semblent simples au premier abord, on rappellera que l'on évolue dans un point & click quelque peu azimuté. Guybrush va devoir collecter des objets à travers l'ile de Mêlée, puis sur l'immense Ile aux Singes, de façon à pouvoir interagir avec divers personnages hauts en couleurs. L'ensemble est souvent déstabilisant car si les protagonistes sont parfois précis dans leur demande, à d'autres moments, il faut vraiment faire preuve d'une grande imagination pour satisfaire leurs désirs. Ceux qui ont pu s'adonner aux opus de Discworld quelques années plus tard ne se sentiront donc pas dépaysés puisque l'on retrouve des interactions assez similaires entre objets et personnages. Saurez-vous sélectionner avec justesse ce qui fera frémir de plaisir les papilles du troll qui empêche l'accès au port ? Trouverez-vous quoi faire des pastilles à la menthe ? Survivrez-vous à la profusion de rats qui peuplent le jeu, mais que vous ne pouvez pas déguster avec un peu de vin blanc ? Tant de questions qui ne trouveront réponse qu'après avoir utilisé avec ferveurs vos méninges pour débusquer les bonnes combinaisons et ainsi accéder à d'autres situations tout aussi perturbantes.

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Vous prendrez bien un verre de grog ?

Pour interagir avec tout cela, il vous faudra manoeuvrer le fringant Guybrush à travers les iles qu'il va explorer. De façon simple, cela se fait avec la souris qui permet de déplacer le curseur, et avec les boutons qui entrainent le mouvement du jeune héros vers le point sélectionné. Ils servent aussi à interagir avec l'environnement, comme par exemple, en ouvrant une des nombreuses portes ou en débutant une discussion avec le chien de la taverne locale. C'est donc un gameplay somme toute classique pour un point & click. Deux touches du clavier s'ajoutent à cela et suffisent à accéder à l'interface. L'une d'elles ouvre les actions auxquelles peut se livrer Guybrush. Il peut donc prendre des objets, ouvrir et fermer des boites, observer, etc. La variété est suffisante pour ne pas frustrer le joueur mais comme l'action sélectionnée ne perdure pas dans le temps et que l'on se retrouve la plupart du temps par défaut sur regarder et ouvrir, cela peut devenir un peu pénible surtout quand on recommence plusieurs fois un geste après une maladresse. Si le joueur arriver à collecter des objets, il pourra y accéder via l'autre touche du clavier et devra ensuite jongler entre les deux inventaires pour lier action et item. Le plus simple reste d'ouvrir les deux fenêtres puis de choisir son geste et enfin l'objet souhaité, ce qui n'est pas forcément rapide, mais au moins, cela évite les prises de tête.
Si l'on se retrouve bloqué à cause d'énigmes trop tortueuses, il est possible de tricher un chouya en faisant un passage par la touche dédiée aux astuces. On a alors droit à quelques indications sur la route à suivre et il faut avouer que cela évite des heures de torture mentale en essayant de combiner une dizaine d'objets entre eux ou de les faire avaler, contre leur bon vouloir, à des personnages qui ne sont pas du tout intéressés par la question. Certains s'offusqueront de la chose, mais que celui qui n'a jamais utilisé une soluce pour débloquer un jeu jette une pierre à Guybrush et à son désir d'évoluer dans un univers qui rendrait une chèvre dingue, car finalement c'est lui le seul responsable de la présence de cette option fort utile.


Avant j'avais des pixels, maintenant je suis blond

Voilà tout pour les interactions avec l'environnement puisque le gameplay de la première version a été conservé. On pourra d'ailleurs s'adonner à cette dernière à tout moment, par simple pression d'un bouton, ce qui permet d'une part de satisfaire les amateurs de l'ancien épisode et d'autre part de comparer décors et personnages actuels avec les anciens graphismes. Ceux-ci étaient de bonne qualité pour l'époque, et tentaient de combiner pixels et réalisme, ce qui n'est pas forcément chose aisée. On appréciera donc les talents des graphistes des années 90, mais l'on préférera sans doute consacrer son temps à la nouvelle mouture, bien plus agréable à explorer. L'ensemble du jeu a été remanié et a donc perdu sa texture pixellisée. Les fans de la première heure penseront à cette perte la larme à l'oeil, tandis que les autres auront les yeux embués par la beauté des graphismes en 2D. On se régale grâce à leurs couleurs et à l'ambiance de piraterie qui se dégage de l'ensemble, ce qui permet de passer sur le fait que les personnages souffrent d'une animation beaucoup trop rigide, rendant leurs déplacements et leurs mouvements plutôt saccadés. Par ailleurs, ils ont subi de leur côté une totale refonte graphique et se retrouvent avec un aspect cartoon assez loin de l'esprit réaliste de l'ancienne édition. Cela ne dérangera sans doute pas les nouveaux venus dans l'univers de The Secret of Monkey Island, mais les habitués risquent de crier au blasphème en voyant la mutation subie par certains de leurs protagonistes préférés.

Les graphismes ne sont pas les seuls à avoir pris un coup de jeune puisque cette nouvelle édition profite de musiques remasterisées. Elles suffisent à créer une ambiance plaisante dans un univers sympathique et ajoutent une dimension supplémentaire lorsque l'on parcourt le jeu. Des bruitages sont venus combler le silence sonore et accompagnent avec efficacité les personnages, les actions et la traversée des divers environnements. Enfin, le soft a vu l'apparition d'un doublage qui permet évidemment aux dialogues de gagner en profondeur et en réalisme, grâce à la qualité de l'interprétation proposée par les doubleurs, qui avaient déjà prêté leur voix à certains opus de la licence. Cependant, comme la bande-son n'existe qu'en version originale, il faudra penser à passer par les options en démarrant le jeu pour activer les sous-titres, bien français, eux. A certaines occasions, ils sont malheureusement à deux millénaires de ce qui est réellement énoncé dans la partie vocale, modifiant alors l'humour savoureux distillé par Tim Schafer qui a écrit en partie les dialogues. C'est d'autant plus regrettable quand on voit la qualité ambiante du reste du titre. N'ayez toutefois pas l'espoir qu'ils aient été ajoutés dans la première version puisqu'elle est totalement en version originale, sans doublage et sans traduction.

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Gameplay
7 / 10
Même si la jouabilité a été légèrement revue, elle garde tout de même un aspect vieillot qui demande un petit moment d'adaptation. La souris est continuellement sollicitée pour déplacer Guybrush et le faire interagir avec les objets, tandis que les interfaces des gestes et de l'inventaire, accessibles grâce au clavier, s'utilisent parfois avec difficulté, même une fois que l'on a compris comment lier les actions et les items. Le tout s'avère tout de même intuitif et fluide, ce qui est appréciable pour un point & click.
Graphismes
8 / 10
Bilan mitigé pour les graphismes. L'ancienne version se voulait résolument réaliste alors que l'on se retrouve avec une nouvelle mouture plutôt cartoon. Certains détesteront, mais les autres sauront apprécier la touche graphique originale et les belles couleurs du jeu. Les personnages manquent malheureusement de souplesse lors de leurs mouvements, ce qui donne facilement l'impression qu'ils se superposent aux décors en 2D, sans s'y implanter. A noter que les amateurs de gros pixels trouveront leur bonheur dans la première édition, disponible à tout moment au cours du jeu.
Bande-Son
8 / 10
Cette nouvelle édition a su se doter d'amples améliorations sur le plan sonore. Les musiques ont été remasterisées et sont très agréables tout au long du jeu. Des doublages ont aussi vu le jour, et si l'on regrette qu'ils soient uniquement disponibles en anglais, on appréciera tout de même la justesse de l'intonation qui donne une dimension supplémentaire aux savoureux dialogues qui parsèment l'histoire. Des sous-titres en français sont disponibles, permettant de mieux comprendre la partie vocale.
Durée de vie
7 / 10
Comme dans tout point and click, la durée de vie globale dépend... des capacités du joueur. Résoudre les énigmes est parfois complexe et déroutant, du fait de côté décalé du jeu, ce qui peut évidemment amener à tourner en rond. Explorer les dialogues proposés est aussi très chronophage, surtout que grâce à leur teneur, on le fait avec plaisir. Faire le tour du jeu prend entre dix et vingt heures, mais si l'on abuse sans complexe de l'aide incluse dans le soft, on passe plutôt en dessous de la barre des cinq heures. A utiliser donc avec modération...
Note finale
8 / 10
Faire revivre un monument du jeu vidéo n'était pas chose aisée et l'on sait à quel point il peut y avoir des ratées lorsque les éditeurs tentent de redonner vie à des titres qui ont pris la poussière pendant de nombreuses années. LucasArts a su mettre son équipe au travail et offrir un coup de jeune au premier épisode de The Secret of Monkey Island. Avec des musiques retravaillées, l'ajout de doublages et un style graphique revisité, le soft a pris un sacré coup de jeune. A contrario, le gameplay très oldschool de ce point and click se montrera peut-être déroutant voire pénible pour certains, mais comme le scénario, déjà très rafraichissant à l'époque, n'a pas pris une ride, on appréciera l'humour des dialogues et des situations, ce qui donnera forcément envie de parcourir plus longuement cette édition spéciale.
Test de The Secret of Monkey Island: Special Edition
Par mercredi 29 juillet 2009 à 12h30
  • C'est une aventure ardue (en tout cas pour ma part) mais vraiment a (re-)decouvrir pour son cote decale et tres drole. Cela dis je ne pense pas me laissé tenter par cette nouvelle version...
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