Pour ceux d'entre vous qui ne seraient pas familiers avec la licence Call of Duty, une petite explication s'impose. Depuis Call of Duty 3, les jeux de la série sont alternativement développés par Infinity Ward (CoD 1, 2, 4 et 6) et Treyarch (CoD 3 et 5). Les épisodes 4 et 6 sont également appelés par leur titre, à savoir Modern Warfare 1 et 2, et se jouent dans une époque proche de la nôtre, alors que les autres jeux prennent place durant la Seconde Guerre Mondiale.
Comment commencer le test d'un Call of Duty, franchement ? Toutes les variantes du "Bienvenue dans un monde d'action trépidante et de guerre comme si vous y étiez." ayant déjà été essorées jusqu'à la fibre par la presse vidéoludique, le testeur en quête permanente d'originalité se trouve face à un mur que seule une imagination débordante et un talent sans égal peuvent franchir. Du coup, forcément : bienvenue dans un monde d'action trépidante et de guerre comme si vous y étiez.
Reprenant, comme il en est devenu l'usage depuis 2006, l'alternance un grand Call of/un Call of moyen, via la collaboration valeureuse des gars de Treyarch, la série créée par Infinity Ward revient cette année entre les mains de ses créateurs, pour un second épisode de guerre moderne. Vu la qualité du premier Modern Warfare, il est difficile de leur en vouloir.
Appel du devoir, tuer des Russes, toussa...
Reprenant le moteur de son grand-frère, ce nouvel opus hérite logiquement de sa beauté. Que ce soit sur PS3 ou 360, les effets fusent de partout, les décors sont d'une richesse fabuleuse, les personnages, que ce soit du point de vue des vêtements, des visages ou des animations, sont encore plus beaux, bref, ça en jette. Evidemment, tout cela se fait au prix de la résolution des images calculées, qui sont, sur console, en 1024x600, soit une résolution largement inférieure à du 720p ou du 1080p, puis sont upscalées, ce qui donne parfois une impression de manque de détails à l'écran et de bavures pas forcément très agréables ; un écueil auquel la version PC échappe logiquement.
Comme on ne change pas une équipe qui gagne, vous passerez une fois encore une bonne partie de votre temps à démembrer du Russe belliqueux, grâce à des mécaniques de scénario bien huilées, mixant n'importe quoi absolu et grand spectacle. Quelques géopoliticiens avisés se risqueront peut-être à faire remarquer le côté absurde d'environ 99% des enchaînements scénaristiques, tandis que les autres leur demanderont poliment de fermer leur gueule et de retourner fragger. Ces délires donnent lieu à une action sans interruption, qui fuse de toutes parts, ne laissant aucun répit. Du point de vue joueur, c'est un véritable plaisir, d'autant qu'Infinity Ward a tenté d'apporter de la diversité, avec de nombreuses situations différentes, entre infiltration, massacres et courses de motoneiges, et des paysages tout aussi variés, de la neige au désert, en passant par des favelas.
Le joueur est donc particulièrement chouchouté pendant la campagne, mais en difficulté Seconde Classe, le plaisir est malheureusement de courte durée et un joueur de niveau acceptable pourra en voir la fin en cinq heures. On aurait pu espérer que les reproches faits en 2007 aient servis de leçon, mais ce n'est visiblement pas le cas. Est-ce le coût d'une action aussi dense ? Difficile d'accepter ce type d'excuse, quand on voit un Uncharted 2, magnifique, long et prenant, développé sur des délais comparables et pour lequel l'argent n'était pas non plus un facteur réellement limitant. La campagne en Vétéran devrait vous prendre plus du double de temps, grâce à une difficulté sans comparaison possible, que ce soit à cause des dommages encaissés ou de la précision et de l'agressivité des ennemis. On appréciera d'ailleurs ici la fréquence des points de contrôle, que d'aucuns qualifieront de symptômes de la casualisation du milieu, tandis que les autres apprécieront de ne pas avoir à retraverser une zone de quinze minutes super violente pour la gloire de la difficulté/durée de vie artificielle.
F.R.I.E.N.D.S
Sur les trois choix proposés dans le menu principal du jeu (dont on appréciera la vitesse d'apparition une fois la galette insérée, les interminables vidéos et logo animés nous étant épargnés sur simple pression de bouton/touche), deux ont pour vocation le jeu multi : Opérations Spéciales et... Multijoueur. Si le premier peut également être parcouru seul, il prend véritablement de l'intérêt lorsqu'il est joué en coopération, en ligne ou en local. Les vingt-trois missions qui le constituent sont tirées ou dérivées de la campagne principale, mais aussi, de manière surprenante, de Modern Warfare premier du nom. Il s'agit en fait du reliquat de ce qui aurait pu être un mode coopération pour la campagne. Peu satisfaits du résultat, les développeurs ont finalement préféré se concentrer sur une aventure solo, tout en regroupant séparément les scènes d'action fun à jouer à deux. Celles-ci se présentent donc sous la forme de défis, pour la complétion desquels vous recevrez un nombre d'étoiles lié à la difficulté choisie. Véritablement prenant, il ravira les amateurs de scoring et d'action corsée, tout en nivelant par le haut le niveau de frustration que vous pourrez encaisser, avec un mode Vétéran décidément pas là pour amuser la galerie.
Côté menu Multijoueur, on retombe sur du très classique dans les possibilités, avec le multi local à quatre ou en ligne à dix-huit. On retrouve alors tout ce qui avait pu faire la renommée du premier Modern Warfare, à savoir des cartes aux petits oignons, un système de classes et d'expérience permettant d'obtenir armes, grades et autres bonus divers et variés. La marge d'évolution est énorme, l'équilibrage plutôt réussi, les points de respawn ont été travaillés pour éviter autant que faire se peut le spawnkill... N'ayant que peu joué aux multi des CoD 4 et 5, je serais mal placé pour faire une analyse plus précise et quantifiée des apports de ce sixième opus, mais peux assurer sans inquiétude aucune que de nombreuses heures de fun sur les différents modes de jeu attendent les amateurs de FPS multi.
Un gros bémol doit cependant être souligné concernant la version PC, de laquelle a été sauvagement amputée la possibilité de recourir à des serveurs dédiés, l'hôte étant dès lors, comme sur console, le joueur avec la meilleure connexion ; solution de fait moins performante. Avec la disparition de toutes les possibilités de paramétrage manuel du jeu, on obtient au final un système de matchmaking absolument identique à celui des consoles, ce qui cause une grogne justifiée parmi les joueurs PC, dont beaucoup auront très vite fait le choix de rester sur le premier Modern Warfare.